ROKR Dinosaur Lab | Un jouet, un véritable mini-flipper et peut-être bien plus que cela

ROKR Dinosaur Lab | Un jouet, un véritable mini-flipper et peut-être bien plus que cela

AVERTISSEMENT : Article réalisé en partenariat avec Robotime. La machine présentée dans cet article m’a été fournie déjà assemblée par le fabricant. Comme toujours, ce partenariat ne modifie ni mon appréciation du produit ni les limites relevées au cours de mon expérience.

Lorsque Robotime m’a proposé de découvrir son Dinosaur Lab, je vais être parfaitement honnête : je m’attendais à recevoir un très joli jouet inspiré du flipper, comme j’avais déjà eu l’occasion de vous en présenter un l’année dernière avec le premier flipper en bois de ROKR, qui m’avait particulièrement surpris.

Ce premier modèle était déjà loin d’être anecdotique. Il possédait un charme mécanique évident, une véritable identité et cette faculté propre aux créations ROKR de faire du montage une partie essentielle de l’expérience. Mais il restait construit presque entièrement en bois, autour d’un univers plus classique, plus ancien dans son approche, avec une finition naturellement plus artisanale et une proposition visuelle beaucoup moins moderne que celle du Dinosaur Lab.

Le Dinosaur Lab marque clairement un changement de dimension. Il ne s’agit plus seulement de reproduire les mouvements élémentaires d’un flipper miniature, mais de réunir dans un même objet le plaisir de la construction, un véritable système de jeu, du scoring électronique, des missions, du son, de la lumière et une proposition d’immersion qui dépasse très largement ce que son format pourrait laisser imaginer.

Je pensais recevoir un très joli jouet inspiré du flipper. J’ai découvert un véritable mini-flipper.

ROKR Dinosaur Lab Pinball  Test complet et avis  Pinball Xperience

Une évolution immédiatement visible

Le Dinosaur Lab se présente sous la forme d’un kit de 319 pièces associant principalement de l’ABS, du panneau de fibres haute densité et plusieurs composants métalliques. Robotime annonce une construction comprise entre cinq et six heures, sans soudure ni collage, pour une machine qui mesure une fois terminée environ 38 centimètres de long, 24 centimètres de large et 21,5 centimètres de haut, le tout alimenté simplement en USB-C.

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La première chose qui marque, lorsque l’on connaît le précédent modèle, c’est l’évolution presque radicale de la proposition. Le premier flipper ROKR reposait très largement sur le bois, avec une esthétique mécanique volontairement traditionnelle et un thème beaucoup plus intemporel. Ici, l’ABS prend une place centrale et permet d’obtenir des formes plus complexes, davantage de volumes, une meilleure précision dans les détails et surtout un rendu général beaucoup plus proche d’un produit fini que d’une simple maquette animée.

Les dinosaures, les structures du laboratoire, les rampes, les textures, les panneaux, les éléments du décor et les différentes strates du plateau donnent à l’ensemble une densité assez impressionnante. Tout paraît plus moderne, plus cohérent, plus abouti et surtout beaucoup plus qualitatif que ce que l’on pourrait attendre d’un produit vendu un peu plus de 100 dollars.

Il faut néanmoins rappeler les conditions exactes de ce partenariat : j’ai reçu la machine déjà montée par Robotime. Je n’ai donc pas vécu personnellement les cinq ou six heures de construction annoncées et je ne vais pas prétendre pouvoir juger une expérience que je n’ai pas faite. Ce n’est finalement pas plus mal pour cette analyse, puisque cela me permet de me concentrer entièrement sur le résultat final et sur la véritable expérience de jeu proposée par la machine.

Au regard du précédent modèle, je suis néanmoins persuadé que l’expérience de montage reste au moins aussi intéressante, tout en donnant naissance à un ensemble qui paraît moins fragile, plus précis et beaucoup plus impressionnant dans sa finition. Une fois devant soi, la qualité des plastiques, le traitement des dinosaures, les volumes du décor et la richesse visuelle du plateau sont franchement bluffants pour ce niveau de prix.

Un univers qui ne sert pas uniquement de décoration

Le choix d’un laboratoire préhistorique ne cherche évidemment pas à bouleverser les fondations de la science-fiction. Un T. rex s’est échappé, le complexe passe en état d’alerte et le joueur doit intervenir en accomplissant plusieurs objectifs avant que la situation ne dégénère complètement. L’imaginaire est immédiatement identifiable, volontairement populaire et suffisamment lisible pour que l’on comprenne l’univers en quelques secondes.

Mais ce qui compte ici n’est pas l’originalité absolue du thème. C’est la manière dont ROKR utilise cet univers pour relier la lumière, le son, les objectifs, les rampes et les différentes mécaniques de jeu dans une proposition cohérente. Les lumières rouges deviennent les alarmes du laboratoire, les rampes matérialisent différents axes d’intervention et les rugissements accompagnent une action qui ne se contente pas de faire circuler une bille au milieu d’un décor préhistorique.

Le thème ne donne donc pas seulement une apparence au flipper, il lui donne une logique et une véritable raison d’exister. Même éteint, le Dinosaur Lab conserve une présence assez forte, avec un plateau dense, plusieurs niveaux de lecture, des volumes bien marqués et une construction suffisamment détaillée pour en faire un bel objet que l’on peut laisser en permanence sur un bureau ou dans une gameroom.

Une fois allumé, la proposition prend néanmoins une tout autre ampleur.

Une véritable proposition de light show

Il faut évidemment conserver toutes les proportions nécessaires lorsque l’on parle d’un mini-flipper vendu un peu plus de 100 dollars. Je ne vais pas comparer son éclairage à celui d’une machine moderne coûtant plusieurs milliers d’euros, mais il serait tout aussi absurde de réduire ce que propose le Dinosaur Lab à quelques petites lumières décoratives placées autour du plateau.

Il existe ici une véritable proposition de light show. Les éclairages accompagnent le jeu, structurent les différentes zones, indiquent les objectifs et renforcent cette sensation permanente de laboratoire plongé en état d’alerte. Les petits spots placés dans la partie supérieure, les zones lumineuses réparties sur le plateau, l’enseigne Dinosaur Lab et les variations d’intensité donnent réellement vie à la machine, particulièrement dans une pièce légèrement sombre.

Ce qui me plaît surtout, c’est que rien ne semble avoir été ajouté uniquement pour gonfler une fiche technique. Le son, les rugissements, les alarmes, les inserts, les spots et les missions racontent tous la même chose et participent à une expérience globale qui dépasse largement le simple fait d’actionner deux batteurs autour d’une bille.

Il y a ici une véritable réflexion sur l’immersion et sur l’expérience proposée au joueur. Une fois encore, toute proportion gardée, Robotime a compris qu’un produit de ce type ne devait pas seulement fonctionner, mais provoquer quelque chose lorsqu’on l’allume et lorsqu’on commence à jouer.

Les véritables codes du flipper

C’est probablement le point qui m’a le plus surpris, parce que le Dinosaur Lab ne reprend pas uniquement l’apparence générale d’un flipper. Il cherche réellement à en condenser les principaux codes, avec un lance-bille, deux batteurs, plusieurs rampes, un spinner, un bumper, des éléments qui jouent le rôle de slingshots et même un système permettant à une même rampe d’orienter la bille vers différentes trajectoires en fonction de la manière dont le shoot est effectué.

Lorsque je parle de divertor, il ne faut évidemment pas imaginer un système motorisé comparable à celui d’un flipper traditionnel. Il s’agit ici d’une mécanique adaptée au format miniature, dans laquelle une même zone peut conduire la bille vers plusieurs destinations selon son angle, sa vitesse et la précision du tir. Cette idée, associée aux autres éléments du plateau, donne déjà au joueur la sensation qu’il ne se contente pas de renvoyer une bille au hasard.

Les bumpers et les slingshots ne reposent pas non plus sur des bobines traditionnelles. Ils sont adaptés aux contraintes mécaniques de la machine, mais ils remplissent leur fonction en modifiant les trajectoires, en créant du mouvement et en donnant de la vie au plateau. Ce qui compte finalement, ce n’est pas de savoir s’ils reproduisent exactement une technologie d’arcade, mais s’ils contribuent réellement à l’expérience de jeu, et c’est clairement le cas.

ROKR annonce également sept trajectoires suivies par des capteurs magnétiques. Ils permettent à la machine d’identifier certains passages de bille et d’alimenter le système électronique de score, les missions, les bonus et la progression de la partie. Ici, la machine comprend donc qu’un objectif a été atteint, elle réagit, modifie le score et fait progresser le jeu, ce qui change complètement la nature du produit et l’emmène vers les véritables codes du flipper.

Un véritable mini-code

Un flipper ne devient pas intéressant uniquement parce qu’il possède deux batteurs et une bille, mais parce qu’il existe une intention derrière chaque shoot. Le Dinosaur Lab propose deux modes principaux, et cette seule présence constitue déjà une innovation particulièrement intéressante pour une proposition située autour de 100 dollars.

Le premier mode permet une découverte immédiate du plateau autour d’un objectif simple : atteindre 1 000 points avant d’épuiser sa réserve de vie. Il est suffisamment lisible pour qu’un joueur puisse commencer sans connaître les règles et comprendre progressivement comment exploiter les différentes zones de jeu.

Le second introduit des missions chronométrées, plusieurs objectifs successifs et une confrontation finale appelée Showdown, qui demande de réussir six tirs précis dans le temps imparti. Nous sommes évidemment très loin de la profondeur d’un code moderne signé Stern, Jersey Jack Pinball ou Barrels of Fun, mais nous sommes également très loin du jouet sur lequel on renvoie simplement une bille jusqu’à ce qu’elle sorte, comme ceux que nous avons tous pu connaître.

Ici, il existe une véritable progression, avec des objectifs et des inserts qui indiquent les shoots à atteindre. Même si l’on n’est pas encore dans une narration complète, cette construction crée déjà une tension et donne les prémices de ce frémissement, de ce thrill que l’on ressent lorsque l’on joue sur un véritable flipper et que chaque tir commence à avoir une conséquence sur la suite de la partie.

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Il existe surtout une raison de recommencer en sachant précisément ce que l’on souhaite mieux réussir. Certains shoots sont naturellement plus difficiles à atteindre, mais la machine ne devient jamais punitive au point de décourager le joueur. Elle propose une expérience suffisamment accessible pour rester ludique, tout en demandant assez de précision pour que les réussites ne paraissent pas totalement accidentelles.

C’est probablement cela qui est le plus impressionnant. Toute proportion gardée, le Dinosaur Lab ne propose pas seulement un système de score, mais une véritable petite expérience de jeu.

Le toucher de bille est bien là

La question essentielle restait évidemment celle des sensations. Peut-on réellement parler de flipper lorsqu’un produit tient sur un bureau, utilise des commandes entièrement mécaniques et réduit toute l’expérience à une échelle aussi compacte ? La réponse demande forcément de la nuance.

Le Dinosaur Lab ne possède ni la puissance, ni l’inertie, ni la précision d’une machine traditionnelle. La bille dispose de beaucoup moins d’espace pour développer ses trajectoires, les tirs sont plus courts et certains rebonds restent naturellement plus chaotiques que sur un véritable flipper parfaitement réglé.

Pourtant, il existe un véritable toucher de bille. On peut temporiser, accompagner certains mouvements, chercher un angle, ajuster un shoot et comprendre progressivement comment la bille réagit au contact des batteurs. Il existe même une forme de contrôle qui, sans prétendre reproduire ce que l’on peut accomplir sur une machine d’arcade, reste franchement bluffante au regard de la taille, du prix et de la technologie embarquée.

Ce n’est pas simplement une illusion produite par le décor. On joue réellement, on rate certains tirs, on comprend pourquoi ils n’ont pas fonctionné et l’on cherche naturellement à les reproduire différemment à la partie suivante. C’est précisément à cet endroit que le Dinosaur Lab cesse d’être un jouet qui imite le flipper pour devenir un mini-flipper qui en comprend une partie de la grammaire.

Un condensé de technologie cohérent avec son prix

Il serait très facile de regarder le Dinosaur Lab avec les yeux d’un joueur habitué à des machines dépassant régulièrement les 10 000 euros et de relever tout ce qu’il ne possède pas. Ce serait surtout passer complètement à côté de la proposition et oublier qu’un produit doit être jugé en fonction de son positionnement, de son public et de ce qu’il parvient réellement à offrir pour son prix.

Pour un peu plus de 100 dollars, Robotime réunit un kit de 319 pièces, un plateau à plusieurs niveaux, des éléments mécaniques, un scoring électronique, plusieurs trajectoires détectées, deux modes de jeu, des missions, du son modulable, des éclairages et un véritable univers visuel. Chaque fonction prise séparément peut sembler modeste, mais leur réunion dans un produit aussi compact donne naissance à une proposition étonnamment riche.

Le Dinosaur Lab évolue dans un marché de niche par sa nature même, mais possède toutes les qualités nécessaires pour toucher un public beaucoup plus large. Il peut intéresser les amateurs de flipper, les passionnés de maquettes, les collectionneurs d’objets mécaniques, les familles, les enfants attirés par les dinosaures ou simplement ceux qui ne disposent ni de la place ni du budget nécessaires pour installer une véritable machine chez eux.

Ce produit ne demande pas à quelqu’un d’être déjà passionné de flipper pour comprendre son intérêt. Il peut justement devenir la première étape de cette passion.

La machine qui est restée sur mon bureau

Le meilleur indicateur n’est finalement pas toujours celui que l’on avait prévu de mesurer. Après avoir reçu et découvert le Dinosaur Lab, je l’ai laissé sur mon bureau, simplement disponible, sans véritablement réfléchir à ce que j’allais en faire après le test.

Et je me suis surpris à y revenir régulièrement. Lorsque j’attends la fin d’un téléchargement, l’exportation d’un design ou l’exécution d’une tâche, je lance une petite partie. Cela ne demande aucune préparation, aucun espace supplémentaire et aucun véritable engagement, mais permet de couper quelques minutes avec quelque chose de concret, de mécanique et de particulièrement agréable.

Le Dinosaur Lab possède cette qualité que beaucoup de produits perdent à force de chercher la profondeur absolue : il est immédiatement disponible. On l’allume, on lance la bille et l’on joue, sans menu interminable, sans installation complexe et sans avoir besoin de consacrer une heure entière à l’expérience.

Je ne compte d’ailleurs plus le nombre d’heures que mon fils a passées dessus. Là où je peux y revenir ponctuellement entre deux activités, il est capable de s’y installer beaucoup plus longtemps, de chercher à améliorer son score, de recommencer ses missions et de tenter encore une fois un shoot qu’il n’a pas réussi à atteindre.

Nous ne recherchons probablement pas exactement la même chose dans cette machine, mais elle réussit malgré tout à nous retenir tous les deux. Et c’est fantastique.

Des limites réelles, mais parfaitement identifiées

Le Dinosaur Lab possède naturellement des limites, mais elles sont cohérentes avec son format et son positionnement. Sa physique ne peut pas reproduire celle d’un véritable flipper, ses batteurs n’ont pas la puissance de bobines traditionnelles et l’espace réduit limite nécessairement l’amplitude des tirs, la vitesse de circulation et la diversité des trajectoires.

Le jeu fonctionne également avec une seule bille et ne propose aucun multibille, alors qu’il s’agit pourtant de l’un des spectacles les plus immédiatement séduisants du flipper. Son code, malgré la présence de missions et d’un Showdown final, sera aussi compris beaucoup plus rapidement que celui d’une machine moderne pensée pour dévoiler sa profondeur sur plusieurs centaines de parties.

Il existe enfin encore peu de recul indépendant concernant sa durabilité à long terme. Le produit entre seulement dans sa phase de production et l’exemplaire que j’ai reçu était déjà monté. Je ne peux donc pas juger personnellement les éventuelles difficultés du montage, les variations entre différents exemplaires ou la manière dont certains composants évolueront après plusieurs mois d’utilisation intensive.

Je peux uniquement juger la machine placée devant moi, et cette machine est particulièrement convaincante. Ses limites ne sont pas celles d’un produit qui aurait raté sa promesse, mais celles d’un véritable mini-flipper qui assume pleinement son format, son prix et le public auquel il s’adresse.

Un produit qui fait sens

Le ROKR Dinosaur Lab ne remplacera évidemment jamais un véritable flipper, mais personne ne lui demande de le faire. Il propose autre chose : une expérience compacte, construisible, accessible et immédiatement compréhensible, sans abandonner ce qui rend le flipper captivant.

On y retrouve le plaisir du lancement de bille, la précision des batteurs, les trajectoires à comprendre, les objectifs à atteindre, le score à améliorer, les indications lumineuses, les erreurs à corriger et cette envie très particulière de relancer une partie parce que l’on sait que l’on peut faire mieux.

ROKR est parvenu à simplifier le flipper sans le vider de son essence. Le Dinosaur Lab peut être acheté comme un cadeau, une maquette, un objet de décoration, un jeu de bureau ou une première rencontre avec l’univers du flipper, mais il possède surtout quelque chose que beaucoup de produits de cette catégorie n’obtiennent jamais.

Une fois qu’il est construit, éclairé et installé devant vous, il ne reste pas simplement là pour être regardé. On y joue, et surtout, on y revient.

Pour aller plus loin

Si le ROKR Dinosaur Lab Pinball a retenu votre attention, vous pouvez retrouver toutes les informations officielles et suivre l’évolution du projet grâce aux liens ci-dessous.

Le projet a réuni 4 063 contributeurs et 450 994 $ lors de sa campagne Kickstarter, dépassant largement son objectif initial avant d’entrer en phase de production. La commercialisation sur la boutique officielle ROKR est attendue prochainement.

Lazarus
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Fondateur de Pinball Xperience | Collectionneur de flipper | Low Score Pinball Wizard | Disrupt the Game, Play Pinball
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