Flipper The 3 Musketeers | Hexa Pinball | Premier aperçu

Enfin ! Un peu moins de 3 ans après leur premier essai tranformé avec le Space Hunt, les petits bordelais d’Hexa Pinball, la manufacture française partie à la conquête du monde du flipper, nous dévoilent leur tout dernier bébé.

Et si leur premier rejeton se targuait d’être une reprise d’un homebrew au concept totalement inédit, ils nous avaient depuis quelques temps maintenant, teasé que leur prochain moutard serait issu d’une licence.

Alors on a tout tenté pour leur tirer les vers du nez, tout ! Mais même en les saoulant sur un parking à 3h du matin à la sortie d’un tournoi, ils n’ont rien voulu lâcher les coquins ! Sauf un modeste « ça sera une licence disruptive ». Un mot à la mode pour dire qu’ils ont été chercher quelque chose de peu commun en somme. Pas faux !

Mais avant de parler de cette licence, soulignons tout de même notre enthousiaste de voir nos copains franchouillards sortir leur deuxième machine sans trembler des genoux et ce, après plusieurs collaborations commerciales entre-temps, qui on l’imagine, ont permis de leur assurer une sécurité financière. Condition sine qua non pour imaginer se lancer dans le développement et la production (sérieuse) d’une nouvelle machine.

Et bien c’est tant mieux ! Et même si les Américains (pour certains) n’ont toujours pas compris qui étaient Hexa et ce qu’ils représentaient dans leur paysage farouchement gardé, gageons que cette nouvelle machine viendra leur titiller la curiosité. Car oui, avec ce nom anglo-saxon assumé et sa présentation conjointe au Texas Pinball Festival en même temps qu’un reveal à Bordeaux, Hexa annonce clairement la couleur : Les Français sont là pour faire bouger les lignes !

Les Trois Mousquetirz

Bon, parlons du sujet principal : Le thème et a fortiori, la licence. Car oui, premier changement pour Hexa. Ici le cahier des charges a quelque peu évolué puisqu’il a fallu faire une machine en cohérence avec un thème.

Et bien évidemment, si vous connaissez un tant soit peu la ligne directrice d’Hexa Pinball, l’idée est de mettre à l’honneur un savoir-faire français (vous avez dit chauvin ? Oui, et alors ?) et ça passe évidemment par tout ce qui a trait à la conception des machines mais également du thème. Et c’est la première bonne surprise, le thème met à l’honneur un pan historique et culturel de la France avec la mise en lumière du fameux roman d’Alexandre Dumas : Les 3 mousquetaires.

En plus, ce bon vieux D’Artagnan, le héros de l’histoire est lui-même gascon. Gascogne, Bordeaux, Hexa Pinball, vous l’avez ? C’est bien fait, non ?

Bon, je ne vous ferai pas l’affront de vous expliquer ce qu’est l’histoire des 3 mousquetaires, qui reste l’un des romans les plus traduits au monde, mais disons que pour résumer : on est dans l’exemple parfait du roman de cape et d’épée où, sur fond de trahison assez classique à l’époque, un petit jeune de 18 ans décide d’aller rejoindre la garde rapprochée du roi Louis XIII pour botter le cul du Cardinal Richelieu et de sa troupe de traitres.

L’histoire en elle-même est suffisamment velue pour que l’on puisse imaginer y adapter des missions de flipper et l’univers historique français suffisamment riche pour que ce soit joli à transposer sous la vitre.

On peut donc le dire, le thème est plutôt bien choisi, la licence peu commune et tout à fait raccord avec ce qui fait l’essence même d’Hexa Pinball.

Par contre, histoire d’être un peu plus chauvin que nous amis bordelais, on aurait aimé assumer la licence française jusqu’au bout et lui affubler le nom original « Les 3 Mousquetaires » plutôt que sa traduction anglaise. Même si le marché US doit sans aucun doute rester une cible à terme pour la firme de l’hexagone, ce n’est pas forcément le premier type d’acquéreurs ciblés, dommage…

Un pour tous, tous pour Hexa !

La première impression est celle qui reste ! Tout le monde le sait et le monde impitoyable du flipper ne fait pas exception à la règle. Dès qu’une machine sort, le teaser de présentation ne joue que sur l’aspect visuel, le modèle présenté n’ayant généralement pas encore été testé par la majorité des aficionados de la bille d’acier.

Hexa Pinball nous avaient pourtant bien convié à l’évènement de lancement, et on les en remercie mais malheureusement, personne de l’équipe n’a pu se rendre au reveal officiel. Nous allons donc rester dans une constatation purement visuelle sur les bases des vidéos et des photos, comme c’est le cas dans nos previews habituellement.

Soyons honnêtes, c’est peut-être le sujet qui divise le plus. Et c’est de toute façon toujours le cas. Le design est un parti pris et ne peut, de toute façon, pas contenter tout le monde. A la rédaction, les avis sont mitigés et je vais tenter d’en faire ici une synthèse même si mon avis prime forcément (c’est ma preview, je fais ce que je veux !)

Tout d’abord, le rendu visuel global de la machine, puisque c’est le premier contact que nous avons avec la bête :

Et bien, ça peut sembler assez fade au premier abord car même si l’artwork est clairement très qualitatif et le coup de crayon plutôt fin, la colorimétrie et l’aspect un peu « vide » de l’artwork de caisse gauche nous rappelle un peu l’artwork d’un Dracula par exemple. Pas moche, mais peut-être un peu trop sobre pour être suffisamment accrocheur.
Bizarrement le côté droit est beaucoup plus fourni et l’ensemble parait plus harmonieux. Au final, on se retrouve avec un effet « deux salles, deux ambiances » assez déroutant.

Le deuxième élément troublant est sur le speaker panel, que personnellement, j’ai beaucoup de mal à apprécier tant je trouve que cet élément est trop souvent mis de côté par les constructeurs. Pourtant, c’est 1/3 du fronton et même si la backglass est belle (ce qui est le cas ici), un speaker panel vide et fade, ou pire, avec une couleur flashy peut vite faire tache au milieu. Et c’est malheureusement un peu le cas ici. Si Hexa nous avait fondu celui du Space Hunt dans l’artwork général avec un dégradé de couleur raccord avec la caisse, ici on se retrouve avec un doré mat, identique à celui de l’armor kit. Certes il y a bien les fleurs de Lys découpées au niveau des haut-parleurs mais cet aplat de couleur brut sans aucune cohérence avec le reste de l’artwork tranche un peu, malheureusement.

Par contre, dès lors que l’on approche son nez du plateau, c’est là que la magie opère puisque l’artwork global est absolument magnifique. Les scènes sont savamment dispersées à la manière d’une bande dessinée, les visages sont fins et les couleurs bien choisies, on a envie de comprendre l’histoire que veut nous raconter cette machine.

mousquetaire plateau

Même remarques pour les décors en 3D (sur la version Elegance) et les toys qui sont légions et peuplent bien le plateau. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas vide et que l’on sent rapidement là où veut nous emmener la machine.

mousquetaire toys

Petit bémol cependant sur les décors en 3D de bâtiment et notamment sur la couleur choisie, une espèce de beige/rose qui caractérise les pierres aurait peut-être mérité une teinte un peu moins pastel et un travail de peinture un peu plus abouti. Mais là encore, les contraintes de production que nous connaissons conditionnent, hélas bien souvent, le temps et l’énergie à passer sur ces petits détails visuels.

Harder, Better, Faster, Mousketer…

Tant que nous n’avons pas posé les mains dessus, difficile pour nous d’aller loin dans le gameplay. Mais si l’on se réfère au teaser et aux vidéos disponibles, on note tout de même quelques éléments plutôt intéressants dont certains nous font penser à cette bonne vieille époque Bally/Williams.

Pour commencer, la configuration du plateau. Celle-ci se place dans les standards d’un flipper qui se veut « classique » dans son approche avec ce bon vieux, mais indémodable fan layout, qui nous offre ici quelques subtilités puisque l’une des rampes de gauche ne sera accessible qu’en s’occupant d’abord des quelques cibles tombantes qui barrent la route, ou encore la tête de Milady qui fait office de bashtoy caché sous la rampe centrale à la manière d’un Troll dans Medieval Madness ou de Gabby Gabby dans Toy Story 4.

Pour les mécaniques de jeu, on retrouve sur la gauche un canon qui propulse la bille en direction d’une cible mouvante représentant un navire sur la droite, non sans rappeler la mécanique d’un Terminator 2 ou d’un AC/DC.

Pour le reste, on a les classiques du genre :

  • Des rampes en veux-tu, en voilà
  • Un spinner
  • Des cibles tombantes
  • Un lock de billes
  • Un multiball jusqu’à 6 billes

Notons quand même un lightshow impressionnant puisque composé de plus de 400 leds RGB avec des inserts aux formes jamais vues jusqu’alors. Il fallait bien qu’Hexa nous mette sa petite « french touch » sur sa machine, c’est du côté du light kit que ça se passe cette fois-ci (on se rappelle du menu pause ou de l’application Hexa, disponibles sur le Space Hunt qui avaient déjà apporté un souffle de nouveauté à l’époque).

mousquetaire plateau entier

En bref, combinez ça avec des règles complètes et fournies et vous avez de quoi passer quelques soirées à tenter de poncer la bête !

L’argent est un bon serviteur mais un mauvais maitre © Alexandre Dumas

On le sait, Hexa Pinball a toujours eu à cœur de proposer des machines de qualité à prix cohérent. Ce qui est d’autant plus compliqué lorsque l’on veut conserver une grande partie de la fabrication en France.

Pour cette nouvelle machine, le contrat reste globalement rempli puisque la machine, disponible sous deux éditions (Classique & Elegance) se retrouve à :

  • Environ 9 500€ pour l’édition classique (amputée de quelques éléments en 3D et des options « de luxe » comme la backglass, sidearts, shaker etc…)
  • Environ 12 500€ pour l’édition Elegance, toutes options

Ce qui reste dans les standards des prix proposés par d’autres géants du marché, le référentiel étant sans conteste : Stern Pinball.

Reste à voir le prix proposé sur le continent américain, qui reste sans l’ombre d’un doute, la cible principale de cette machine, à l’inverse du Space Hunt.

Comme une envie de dégainer l’épée…

Et bien, le moins que l’on puisse dire c’est que cette machine change radicalement la donne concernant Hexa Pinball.

Certes, les évolutions ou le thème ne sont pas forcément celles imaginées et on aurait peut-être aimé une prise de risque un peu plus soutenue de la part du fabricant (on a tellement rêvé d’un thème commun avec Ankama, la société à l’origine de Dofus, au capital d’Hexa depuis quelques années) mais ne boudons pas non plus notre plaisir. Nous avons là, une machine :

  • Belle et bien finie
  • Un thème original, respecté et bien exécuté
  • Un gameplay qui semble riche, accessible tout en laissant la place à de la profondeur
  • Une belle mise en lumière d’un savoir-faire français

Alors, comme pour la sortie du Space Hunt, notre conclusion sera la même : hâte de l’essayer et longue vie à Hexa !

Pinballometer FR 8
Syl Vain
Syl Vain
Fan de pop culture des années 80/90, collectionneur compulsif et partisan du "c'était mieux avant !"
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