PS5 WOLVERINE, SWITCH 2 ZELDA : LE GAMING ET FLIPPER MEME COMBAT
Sony vient de dévoiler une PS5 Limited Edition Marvel’s Wolverine, jaune, noire, lacérée par les griffes de Logan, avec façades et DualSense assorties. Au même moment, une Switch 2 Zelda 40th Anniversary fuite avec son Pro Controller, noire, verte, dorée, Triforce en évidence, bref, tout ce qu’il faut pour provoquer une rechute chez un collectionneur qui possède déjà une Switch 2 parfaitement fonctionnelle.
Deux consoles qui, sur le fond, ne feront pas mieux tourner leurs jeux. Et pourtant, elles donnent envie. Pour nous, amateurs de flippers, ça nous rappelle quelque chose. Venom Limited Edition, Elvira 40th Anniversary, Godzilla LE, Pokémon LE, bienvenue dans ce merveilleux endroit où la question n’est plus seulement de savoir à quoi vous allez jouer, mais quelle version de l’objet vous voulez regarder tous les jours.
GAMERS, PINHEADS, MÊME MALADIE
Une PS5 standard fera tourner Marvel’s Wolverine. Si cette Switch 2 Zelda arrive bien sur le marché, une Switch 2 standard fera tourner les mêmes jeux. Pourtant, collez trois griffures sur la première, un Triforce doré sur la seconde et notre cerveau commence déjà à négocier avec notre compte bancaire.
Le flipper connaît la combine depuis longtemps. Lorsque Stern lance Venom en 2023, la gamme comprend une Pro, une Premium et une Limited Edition limitée à 1 000 exemplaires. La LE reçoit son backglass Venom vs. Carnage, un cabinet spécifique avec finition réfléchissante, une armure « Venom Goo », des art blades, une plaque numérotée et plusieurs équipements supplémentaires. Prix annoncé à l’époque, 12 999 dollars, contre 9 699 dollars pour la Premium.
Avec Elvira’s House of Horrors, Stern pousse le curseur encore plus loin. En 2021, la 40th Anniversary Edition est limitée à seulement 199 exemplaires, avec shooter spécifique, carte autographiée, autobiographie signée par Elvira et certificat d’authenticité. Ce n’est plus uniquement un flipper, c’est une édition pensée pour le fan qui veut posséder celle-là.
Je plaide coupable, inutile de fouiller ma gameroom.


LA VERSION COMPTE AUTANT QUE LA MACHINE
La PS5 Wolverine ne gagne aucune puissance parce que Logan a labouré sa façade. Le Triforce ne donnera pas dix FPS supplémentaires à la Switch 2 Zelda, sooooooo cute. De la même manière, la plaque numérotée de mon Venom LE ne rend pas mes tirs meilleurs, ce serait d’ailleurs pratique qu’elle commence à s’en charger.
Mais réduire ces différences à leur fonction serait passer à côté du sujet. Nous n’achetons plus uniquement une machine, nous choisissons sa version. Le jeu vidéo, le flipper, mais aussi les sneakers, l’horlogerie ou l’automobile exploitent le même désir. Couleur spécifique, série limitée, anniversaire, finition exclusive, numérotation, accessoires, signature, la fonction reste identique ou très proche, mais la possession change de nature.
Sony a même une idée que le flipper devrait exploiter davantage. Les façades Wolverine seront disponibles séparément, vous pouvez donc transformer une PS5 que vous possédez déjà plutôt que racheter toute la console. Le principe n’est pas nouveau dans le gaming, mais il reste redoutablement efficace.
GAMING ET FLIPPER, MÊME COMBAT
Le flipper dispose déjà de toppers, shooters, art blades, side armors et lighting kits. Multimorphic pousse la modularité beaucoup plus loin avec le P3. Il reste pourtant énormément à inventer autour de véritables packs de transformation capables de modifier profondément l’identité physique d’une machine déjà installée, plutôt que de simplement empiler les accessoires et les cartons dans la gameroom.
Car le collectionneur de consoles et le collectionneur de flippers finissent par se retrouver devant le même problème. La machine qu’ils possèdent fonctionne parfaitement, mais une autre version est beaucoup plus belle. Sony l’a compris avec Wolverine. Nintendo maîtrise cette mécanique depuis longtemps avec Zelda. Stern sait parfaitement ce que produisent deux lettres supplémentaires derrière le nom d’un flipper. LE. Collector. Anniversary. Limited.
Appelez ça comme vous voulez. Nous connaissons tous la traduction : « Putain, je la veux. »de faire évoluer physiquement une machine déjà installée, de renouveler sa présence dans une gameroom et de prolonger commercialement une licence sans inventer une nouvelle édition anniversaire tous les quatre matins.

