Le fabricant de flippers American Pinball (AP) mérite d’être suivi de près en ce moment, car il opère une belle renaissance. Il s’agit d’un phénomène rare dans un secteur où les sociétés ont plutôt tendance à disparaître, laissant clients et fournisseurs dans l’embarras.
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Le rachat d’American Pinball par un passionné
Ces dernières années, le fabricant tirait la langue, au bord de la faillite. Et puis début 2026, Bryan Vincent a racheté la marque et les actifs de la société.
Ce businessman possède une entreprise de conception et fabrication de panneaux et accessoires LED pour une clientèle professionnelle. Sur la base de ce succès, Bryan rachète des sociétés. Par ailleurs, Bryan Vincent possède lui-même des flippers et se qualifie de “Pinball Enthusiasts”. Il promet d’investir.
Les dernières semaines ont clairement montré que cet homme tient parole.
Des remakes à venir !
Moins de 15 jours après le rachat, AP annonçait qu’il avait conclu un accord avec Planetary Pinball pour produire des remakes des flippers Bally/Williams. Un gros coup ! Le premier à avoir ressuscité ces vieux “oldies but goodies” fut Chicago Gaming et la qualité des machines reste aujourd’hui encore irréprochable.
Dans le podcast Flip N Out, Bryan Vincent confiait qu’en se rapprochant des équipes du manufacturier, il avait senti leur attente de retrouver un patron qui communique une vision et du leadership. Par ailleurs, il connait les récents problèmes de qualité d’American Pinball, mais sait son équipe capable de les résoudre car il n’y a là rien de structurel. Sous-entendu, si les machines avaient perdu de leur qualité, il s’agissait plus d’un problème de consignes managériales que de compétences.
Bryan Vincent place donc sa confiance dans ses équipes pour relever le challenge de remakes au plus haut niveau standard de qualité. Voilà de quoi restaurer l’estime de soi d’une équipe qui a dû souffrir ces dernières années.
Mais ce n’est pas tout !
American Pinball embauche !
Tout d’abord, Bryan a mis l’ancien Directeur commercial d’American Pinball a la tête de la compagnie. Une preuve concrète qu’il fait confiance à la team en place.
Dans la foulée, Bryan Vincent recrute à tour de bras ! Sa première action fut d’embaucher un designer de flippers, car il semble que la place était vacante (nous n’entendons plus parler de Dennis Nordman, l’ancien lead designer). Le nouveau venu s’appelle Melvin Brouwer-Williams. Celui-ci était le patron de la filiale DPX de Dutch Pinball, qui devait se spécialiser dans les flippers d’exception à tirage limité. Melvin avait quitté l’entreprise fin 2025 pour des raisons de divergence de point de vue avec les investisseurs quant à la stratégie de la marque. Il avait apporté avec lui les licences des thèmes conçus mais jamais menés à bien par le designer John Popadiuk. Melvin est reparti avec son catalogue. Nous ne savons pas s’il le met à disposition d’American Pinball.
Courant mars 2026, Bryan a ajouté un membre à son “Board of Advisors”, une instance en charge de conseiller les dirigeants. Il s’agit de John F. Schwarz, compétiteur vétéran de flipper (64 ans). Hormis comme joueur, l’homme n’est pas connu et le communiqué ne s’étend pas sur ses expériences passées.
Les accessoires sur le devant de la scène
L’embauche suivante concerne un duo : Rob Rath et Nick Neitzel. Le premier sera Product Director (un marketeux), le second Product designer (conception des flippers). Tous deux sont les fondateurs de The Electronic Playground (TEP), créateur et vendeur de toppers et mods alternatifs pour les flippers.
Les deux compères avaient collaboré avec Melvin sur les accessoires officiels du flipper Alice in Wonderland, le seul produit commercialisé par DPX avant sa fermeture. Ils travaillent donc à nouveau sous la responsabilité de Melvin pour le compte d’American Pinball, autant pour les remakes que pour les futurs titres originaux, dans un rôle plus vaste que les seuls accessoires. Ils n’abandonnent pas pour autant TEP, présentant même sur leur site web l’expansion de leurs locaux.
Une supposition : TEP grossit car ses fondateurs comptent fournir les accessoires des futures machines d’American Pinball. Cette idée est confortée par l’insistance avec laquelle Bryan Vincent a présenté sa vision d’un flipper personnalisable, avec plus ou moins d’options, durant le podcast de Flip N Out.

L’annonce ci-dessus indique que la campagne de recrutement ne concerne pas uniquement la direction de la société, mais aussi les opérationnels : les ouvriers, l’approvisionnement, le contrôle qualité.
Et côté flipper, à quels thèmes peut-on s’attendre ?
Tout d’abord, Ron le President et Bryan le propriétaire ont été transparents : le flipper Cuphead n’est pas à l’ordre du jour. Il s’agit d’une machine qui était déjà en conception avant le rachat, a priori proche de la commercialisation, mais l’accord avec l’ayant droit semble avoir du plomb dans l’aile. Les deux hommes en parlent en des termes prudents, indiquant ne fermer aucune porte, mais ils n’y croient manifestement plus. Cuphead est un jeu vidéo à succès, à l’esthétique inspirée des premiers dessins animés comme Steamboat Willy.
Attendons-nous bien évidemment à des remakes. Pour ce qui est de licences originales, toute la question est de savoir si Melvin va continuer dans son idée de produire les flippers de John Popadiuk ou non. Ce n’est pas annoncé officiellement en tous cas.
Quand le site kineticist a posé la question à Ron Lindeman des ambitions d’American Pinball, celui-ci a répondu qu’il espérait commercialiser deux flippers dans l’année à venir et en avoir quatre en préparation. Ce serait une sacrée revanche !
La philosophie du patron d’American Pinball
Bryan Vincent se distingue par une approche très pragmatique, loin des grandes promesses de révolution que tiennent souvent les nouveaux entrants sur un marché. Sa stratégie est simple : faire de bons flippers, traiter correctement ses clients et ses distributeurs, et le succès devrait suivre. Hormis sa vision sur un flipper “personnalisable” comme dans le monde automobile, son approche fait penser à celle de Barrels of Fun. Voilà des personnes qui ne se la racontent pas, mais qui délivrent de belles machines.
Toutes ces informations semblent de bonnes nouvelles, démontrant une stratégie solide appuyée par des preuves tangibles à court terme. Ma seule interrogation concerne Melvin, qui est parti assez peu élégamment de chez DPX, et dont le catalogue “Popadiuk” inquiète autant qu’il enthousiasme. En effet, les derniers designs de cet illustre acteur du flipper ont démontré qu’ils n’étaient pas aboutis techniquement (cf Magic girl, qu’une équipe hollandaise a finalisée pour la beauté du geste mais en devant reprendre certains éléments de conception). Par ailleurs, ces thèmes commencent à sentir le réchauffé, et se traînent une particulièrement mauvaise réputation de promesses non tenues.
Espérons que Bryan et Ron sauront dire non à leur poulain Melvin…

