NBA Fastbreak | Bally

Si vous avez suivi, comme nous, la sortie du premier flipper de Bitronics : Super Hoop, vous constatez que le couple flipper/thème de sport (et a fortiori, le Basket-ball) traverse encore les âges malgré ce parfum d’amour vache qui flotte dans l’air…

Et oui… Qu’on le veuille ou non, flipper et sport c’est un peu « Je t’aime, moi non plus ». Quelques essais, quelques échecs et au milieu de ça, de véritables réussites qui, pourtant, ont toujours été plus ou moins boudées du grand public (en tous cas, en Europe). La raison tenant probablement au caractère éphémère des licences de sport, qui restent souvent cantonnées à une époque (pour ne pas dire parfois à une seule saison) et se retrouvent très rapidement « has been ». C’est d’ailleurs un élément que le flipper partage avec les jeux vidéo. Prenons par exemple un jeu de football : Vous ne verrez personne s’extasier en 2022 sur un FIFA sorti en 2020. Logique, la licence est devenue dépassée.

Et pourtant, quand on voit le gameplay d’un flipper et sa petite bibille, on ne peut qu’imaginer le parallèle évident avec tout un tas de sports de balles qui trouveraient parfaitement leur place au milieu d’un playfield.

Heureusement pour nous, notre loisir bien américain de souche est venu en 1997 s’offrir la plus célèbre des fédérations de Basket, la NBA. Avec pour ambition de créer un flipper qui nous plonge dans l’ambiance et la technique d’un de ces matchs de BasketBall dont seuls nos amis d’Outre-Atlantique ont le secret ! NBA Fastbreak était né.

Chef d’œuvre pour certains, véritable navet pour d’autres, le moins que l’on puisse dire c’est que cette machine divise les joueurs. Alors pour tenter de voir un peu plus clair dans son jeu, on chausse ses Air Jordan, on rentre son maillot dans le short, on check le coach et hop ! Direction le parquet ! Suivez-moi !

BOOM SHAKALAKA !

Haaaaaa, 1997…. Le doux parfum de la nostalgie… Celle d’une époque où les noms de Jordan, Pipen, Rodman ou Barkley faisaient rêver les jeunes adolescents qui n’en avaient strictement rien à faire du football (dont je faisais partie). Cette époque où un goûter idéal était composé d’un paquet de Kango et d’un verre de Tropico. Cette époque où l’on était gêné devant la performance d’acteur de Michael Jordan dans Space Jam et ébloui par celle de Tupac Shakur dans Above The Rim…

Et bien c’est dans cette époque-ci que Bally décide de créer NBA Fastbreak, qui sera (sans le savoir) l’une de leurs dernières machines…

Flipper NBA Fastbreak
En 1997 sortait NBA Fastbreak, par George Gomez.

Et c’est un designer de talent qui prend les manettes de ce projet puisqu’il s’agit de George Gomez himself (Monster Bash, Corvette ou encore Johnny Mnemonic à l’époque). Objectif : un jeu rapide, nerveux, qui reproduit la vitesse de jeu d’une partie de basket-ball, avec de l’action, des beaux gestes, de la technique et l’impression de jouer avec un véritable ballon, tout ça sur une planche de bois !

Et vous savez quoi ?  Le pire… C’est qu’il a réussi…

Woaw… C’est de toute beauté…

Bon, par contre on ne va pas se mentir, niveau visuel extérieur c’est quand même pas la claque du siècle ce NBA Fastbreak ! En même temps, vu la licence c’est compliqué de pondre un artwork qui soit totalement dingo.

Résultat, Bally nous balance de la couleur criarde fluo au travers d’un dégradé de teintes qui n’ont, à priori, rien à faire ensemble : Du jaune et du violet. On rajoute des petites étoiles pour rappeler les USA (ou alors serait-ce l’allégorie des étoiles montantes de ce sport si populaire ? hmm ? Nan c’est pas ça…), un joueur en pleine action dans une couleur dorée/bronze et des logos de la NBA un peu partout et hop ! Emballé, pesé.

L’avantage, c’est que cette machine se repère de loin dans une salle de jeux et qu’il n’y en a pas deux comme elle !

Côté fronton, on se retrouve avec un translite transparent qui laisse apparaitre un système mécanique dans la backbox, avec un batteur, une balle et un enchevêtrement de bouts de plexiglass (on y reviendra plus tard). L’artwork en premier plan est plutôt joli cependant et on reconnait sans aucun mal quelques stars de la belle époque comme Detlef Schrempf, Clyde Drexler ou encore Nick Van Exel.

Petite particularité : Cette machine était disponible avec un topper plutôt original qui faisait office de contour du fronton, un peu à la manière de celui du Cirqus Voltaire.

Divisé en 3 parties, ce dernier listait les équipes présentes dans le jeu sur les côtés et reprenait le logo principal sur le dessus. Sauf qu’il a été proposé en tant qu’option à sa sortie (certains modèles NOS avec les instructions de montage ont été retrouvés en boite il y a quelques années). Une option totalement inintéressante pour les exploitants à l’époque (c’est cher et ça prend de la place), ce qui explique le très faible nombre de modèles qui en furent dotés. Si les modèles NOS se font désormais très rares, pour ne pas dire introuvables, on trouve des reproductions à l’échelle et de la même qualité, qui permettent de redonner le look original de cette machine, telle que proposée dans le flyer promotionnel.

Du côté du plateau, c’est coloré, fourni et l’artwork reprend ce qui sera la base même du gameplay : un demi terrain de basket-ball. Niveau lisibilité, on retrouve tous les éléments qui vont composer les missions à effectuer au travers d’une multitude d’inserts sur la première moitié du plateau. La seconde moitié (haute) est chargée avec plusieurs rampes dont les courbes laissent imaginer des phases de jeu dynamiques, où la bille risque de partir dans tous les sens (et c’est rien de le dire), dont notamment cette immense rampe de gauche qui trouve sa fin dans un panier de basket central.

Autre particularité : On a un afficheur digital présent, qui reproduit ceux présents au-dessus des vrais paniers de basket et permettent notamment, de timer les phases de jeu (en vrai, comme dans le flipper d’ailleurs…).

Shot Clock- Détail du flipper NBA Fastbreak de Bally
24 secondes pour faire une action, comme en vrai !

De la petite bille au ballon taille 7

Bon, si on résume, on a visuellement affaire à ce qui ressemble furieusement à un vrai terrain de basket, mais côté gameplay, ça donne quoi ?

Croyez-le ou non, mais George Gomez a fait un pari énorme sur cette machine en 1997, celui de mettre de côté l’un des éléments devenus quasiment indispensable à tout flipper : le scoring. Ou plutôt le high scoring.

Oubliez les scores en milliard d’un Attack From Mars au bout de 5min de jeu, ici on score comme dans un vrai match de basket (au bémol près de quelques multiplicateurs qui vous permettront de gonfler certains shoots). Autrement dit, sur NBA Fastbreak, dès lors que vous passez la barre des 100 points, vous êtes quasiment déjà assuré de noter votre nom en fin de partie. Si l’on ne peut décemment pas reprocher à George Gomez d’avoir voulu rester dans le thème avec cette approche « réaliste », je peux vous garantir que ça n’a malheureusement pas aidé à populariser cette machine.

NB : Il existe d’ailleurs, des roms mises à jour qui permettent de switcher vers un mode de scoring classique. Mais très honnêtement, le gameplay perd tout son intérêt.

Une fois que l’on sait ça, on sélectionne une équipe parmis les 29 disponibles et c’est parti pour tenter de jouer un match avec, en lieu et place du ballon, la petite bille d’acier !

Pour arriver à scorer un minimum, vous allez devoir compléter tout un tas de mission qui, dans les faits, sont pour la plupart des actions d’une vraie partie de basket: Shoot, défense, slam dunk, 3 points, fastbreak etc.

Les inserts étant relativement clairs, vous n’aurez pas de mal à savoir quoi faire. Par contre, accrochez-vous car ce jeu est diablement rapide et la rampe du milieu, si elle vous garantit un magnifique panier aussi jouissif qu’en vrai (la petite bille qui tournoie dans le panier à la manière d’un ballon dans le filet fait toujours son petit effet), ne vous laissera aucune chance si vous n’avez pas assez de vitesse pour la prendre d’une traite. Dans ce cas-là c’est l’avion assuré !

Rampe et panier - Détails du flipper NBA Fastbreak
Prendre cette rampe sans la vitesse nécessaire, c’est renvoyer la bille directement dans l’outhole !

Le jeu est nerveux et le timer vous met une pression constante pour terminer chaque action démarrée. C’est là tout le fun de cette machine (et sa difficulté d’ailleurs) : jouer vite, mais jouer précis.

Rassurez-vous néanmoins, elle n’en reste pas moins très accessible. La multiplicité de rampes et de couloirs vous offrent de nombreuses possibilités pour compléter les premiers objectifs assez rapidement. Pour le reste, vous allez devoir jongler avec les multiplicateurs et les différents modes de jeux qui vous offrent des bonus non négligeables.

Le premier c’est le scoop de gauche qui vous permet de jouer les 4 mini jeux des goodies du stand « Crazy Bob », respectivement :

  • Pizza Power Shot : Ce mini jeu se joue dans la backbox, à la verticale. Le jeu sur le plateau se coupe et chaque pression sur un bouton active un batteur situé dans le fronton. Ce dernier envoie une balle en plastique au travers d’une scène fixe situé dans le fronton. Un panier est caché sur la gauche, et vous allez devoir envoyer la balle au bon moment pour gagner 1, 2 ou 3 points. Autant vous dire que dès lors que vous avez la technique, vous enchainez les 3 points à la vitesse de l’éclair.
  • Hot Dog Mania : Ce mode vous garantit un shoot automatique dans la backbox (de 3 points si réussi), dès que vous prenez une rampe ou une orbite.
  • Trivia Quizz : Probablement le mini jeu le plus compliqué puisqu’il s’agit d’un quizz sur la NBA de l’époque. Une bonne réponse vous octroyant 10 points d’un coup, il faudra se noter les réponses dans un coin de la tête !
  • Egyptian Soda : Même principe que Hot Dog Mania mais sans les orbites et avec un timer.

Le second mode de jeu (on pourrait même parler de fonctionnalité principale ou de « toy ») va se jouer sur le fond du plateau lors des phases d’attaque.

Chaque joueur représenté par une figurine en plexiglass cache un scoop dans lequel la bille vient se loger, simulant un joueur qui conserve son ballon. Dès lors, vous pouvez shooter en appuyant sur le bouton de la lockbar et la bille va se retrouver propulsée dans une rampe en métal qui la guide vers le panier central. Simple, me direz-vous ?

Pas tant que ça puisque qu’un défenseur vient automatiquement tenter de bloquer votre tir. Vous allez donc devoir faire des passes entre les 4 joueurs pour tenter de feinter ce défenseur qui bouge en permanence et ainsi garantir un tir qui fera mouche. Sans quoi, votre bille repart en jeu, direction les bumpers et vous devez recommencer votre action.

Les joueurs autour du panier - détail du flipper NBA Fastbreak
Ici, il faudra jouer des passes pour dribbler le défenseur et espérer marquer un panier !

Sérieusement, osez me dire que ce n’est pas du génie de gameplay un truc pareil ?

De prime abord, ces différents modes de jeu peuvent sembler casser le rythme d’une partie mais correspondent pourtant trait pour trait à la nervosité « fractionnée » d’un match de basket. On court, on s’arrête, on passe, on dribble, on shoot.

Dans NBA Fastbreak c’est exactement le même rythme de jeu que l’on va retrouver : On est stressé, nerveux, on s’applique, on tente, on loupe, on rage, on re-tente, on marque et on enchaine en regardant le timer qui nous rappelle à l’ordre à chaque instant. Jouissif !

Un flipper éparpillé par petits bouts, façon puzzle.

Même si je dépeins un portait tout personnel de ce flipper avec un manque évident d’objectivité depuis le début, nombre de personnes ont entendu parler du NBA Fastbreak, et notamment en France, pour d’autre raisons que pour les qualités de son gameplay.

En effet, cette machine est connue pour avoir servi (en continue de servir d’ailleurs) de banque d’organes pendant de nombreuses années, notamment pour fabriquer des « faux » Medieval Madness (ou des conversions si vous préférez).

Et oui, un peu à la manière d’un cartmod dans l’univers du jeu vidéo rétro (ndlr : une cartouche d’un jeu vidéo bon marché et facilement trouvable « hackée » pour se retrouver avec la rom d’un jeu rare et cher), de nombreux NBA Fastbreak ont été dépouillés pour ne conserver que les éléments génériques (caisse, porte, pieds etc…) mais aussi et surtout les cartes présentes dans le fronton, ces dernières étant communes entre tous les modèles de WPC95.

Il faudra se doter des « quelques » pièces manquantes pour espérer faire son propre Medieval Madness (credit photo : flipjuke.fr)

Ce flipper étant relativement boudé à l’époque chez nous (la NBA n’avait pas le succès, ni la promotion qu’elle peut avoir aujourd’hui) il ne coûtait pas grand-chose. Tellement peu d’ailleurs, qu’il était plus intéressant d’en désosser un, de revendre les quelques pièces restantes sur le marché de l’occasion et de le compléter avec celles du roi des flippers : Plateau, set de décors, toys, éléments mécaniques restants, rom du jeu, decals de caisse et hop, le tour était joué ! Après de nombreuses heures de transformation, d’un NBA Fastbreak sortait un Medieval Madness sans payer le prix fort ni passer un temps infini à trouver un vendeur de ce modèle culte sur le marché de l’occasion.

Si cette pratique a pris du plomb dans l’aile depuis quelques années, notamment à cause du prix des machines en général (le NBA Fastbreak ne faisant pas exception), nul doute que le nombre initial de machines s’est retrouvé amputé de quelques modèles, là ou à l’inverse il a augmenté artificiellement pour le Medieval Madness.

Un c’est bien, deux c’est mieux !

Comme si cette machine ne possédait pas assez de particularités, ce taquin de George Gomez décide d‘enfoncer le clou en répondant à la question « comment jouer à plusieurs au flipper, différemment que chacun son tour sur une même machine ? »

Réponse : En connectant deux modèles identiques entre eux bien sûr !

Tant qu’à choisir une équipe au démarrage de chaque partie et à jouer sur un plateau en forme de demi terrain de basket-ball, autant aller jusqu’au bout de l’expérience en proposant à deux joueurs de s’affronter, chacun sur sa machine, mais tous les deux connectés sur la même partie !
Et c’est ainsi qu’un « link kit » est né, lui aussi en option. Il permettait aux exploitants les plus ambitieux de proposer de jouer à cette machine au travers d’un expérience inédite, à deux, chacun avec sa propre machine.

Un beau kit, rare à trouver aujourd’hui, qui permet de linker deux NBA Fastbreak (credit photo : fliptonic.fr)

Inutile de vous dire, qu’aussi audacieuse soit-elle, cette fonctionnalité n’a été que très peu utilisée et est désormais plutôt proposée sur les salons et évènements autour du flipper, dans un but purement démonstratif. Il s’agit  bien évidemment d’une petite rareté même si des kits customs existent également et vous permettent de disposer de cette configuration, si tant est que vous ayez deux NBA Fastbreak à la maison 🙂 .

Ce kit comprenait le câblage, les roms et un marquee similaire à celui d’une borne d’arcade deux joueurs, du plus bel effet.

Welcome to NBA JAM ! Heu… Fastbreak !

Si comme moi, vous êtes sensible aux voix mythiques de l’univers du jeu vidéo, comme celle d’Andrew Anthony et son fameux « EA Sports, it’s in the game ! », vous n’avez pas pu passer à côté de la voix légendaire qui compose tous les call-outs de ce flipper !

C’est bien évidemment celle de Tim Kitzrow, autrement connu dans les années 90 pour avoir été la voix légendaire des jeux NBA JAM et NBA JAM Tournament Edition. Mais si, souvenez vous : « He’s on fire !”, “Ugly shot !”, “No good !” ou encore ce fameux « BOOM SHAKALAKA », c’était lui !

Et bien ici, même délice pour nos oreilles puisque l’on a le droit à des phrases mythiques telles que « Ohhhh, that’s gotta hurt ! », « back to school, baby ! » ou encore « It’s showtime ! » avec la même énergie et les mêmes samples musicaux que dans un véritable match de NBA. Ambiance garantie et on ne peut plus raccord avec le jeu. C’est clairement un sans-faute de ce côté-là.

De très belles animations, qui prennent encore plus de sens en couleurs.

Concernant les animations, même constat ! Elles sont fines, détaillées et transposent sur le petit écran vos différentes actions en jeu. Réussissez un slam dunk et vous verrez un membre de votre équipe s’envoler vers le panier pour y écraser le ballon dans le cerceau. Perdez votre bille et vous verrez ce même membre se faire violemment mettre à terre en pleine défense.

Comble du bonheur, chaque animation est retravaillée avec les joueurs de l’équipe que vous aurez choisie au départ. Vous reconnaitrez sans aucun mal certaines célébrités de la NBA qui ont marqué leur époque, comme Dennis Rodman par exemple.

Un souci du détail qui en dit long sur les ambitions initiales de cette machine.

And the winner is….

Au classement des flippers sous côté, le NBA Fastbreak finit souvent en tête du championnat… Et c’est bien dommage quand on voit le flot de bonnes idées qui le compose. On a affaire à une véritable machine audacieuse, originale, au thème bien exécuté pour laquelle les principales critiques vont se résumer à lui reprocher sa fidélité au thème qu’il aborde (faible scoring, basé sur la NBA, mécanique de jeu attaque/défense qui casse le rythme…)
Avouez que c’est quand même un comble, non ?

Objectivement, on ne peut clairement pas dire que c’est une mauvaise machine, loin de là. C’est un flipper atypique, dynamique, avec une ambiance incroyable, qui prend des risques en proposant un gameplay à la fois innovant et très proche de celui d’un véritable match de basket. Rien que cet aspect, en soi, est une petite prouesse.

Certes le thème n’est pas une révolution, on avait déjà droit à Shaq Attaq chez Gottlieb en 1995, Space Jam chez Sega un an plus tôt ou même Harlem Globetrotters On Tour chez Bally en 1979, mais aucun de ces modèles n’a été aussi innovant que NBA Fastbreak dans sa conception.

Et c’est avec ce genre de machine qu’on se rappelle avec nostalgie du talent dont disposait Bally & Williams. Le talent de nous proposer de véritables petits bijoux, quel que soit le thème abordé. George Gomez signait là un excellent flipper, qui ne trouvera malheureusement le succès qu’il mérite que de nombreuses années plus tard.

Welcome to…
…NBA Fastbreak pinball !
Syl Vain
Syl Vain
Fan de pop culture des années 80/90, collectionneur compulsif et partisan du "c'était mieux avant !"

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