Toy Story 4 | Jersey Jack Pinball

Après une preview et un podcast, il était temps pour nous de poser nos mains moites de pinheads surexcités sur le dernier né de Jersey Jack Pinball, le fameux Toy Story 4.
Chose faite le dernier week-end d’Août grâce à Loisirs & Technique et Pinball Pleasure, partenaires de l’évènement (dont vous retrouvez la vidéo ici-même) en présence de nombre d’entre-vous. Un évènement ô combien sympathique qui aura permis de se faire un premier avis sur cette machine qui, dès sa sortie, a pu rassembler autant qu’elle a pu diviser.

Autant vous le dire tout de suite, à la rédaction on a adoré ! Et nous n’étions visiblement pas les seuls, si l’on en croit les retours de tous ceux qui étaient présents ce soir-là.
Mais alors la question c’est : Pourquoi ?

Pourquoi cette machine qui a subi le courroux des pinheads les plus véhéments à coup de : « c’est trop cher ! », « ça sort trop tard ! » ou encore « c’est un thème de gamins ! » réussit malgré tout à fédérer toute une communauté de joueurs dès lors que la bille commence à danser sur le plateau ?

Et bien peut-être parce que JJP l’a bien compris, un bon flipper est un tout ! Une recette complexe dont l’alchimie ne se créée que lorsque tous les éléments qui la composent sont savamment dosés et garantissent ainsi le résultat d’une expérience unique et savoureuse. (#philosophe)

Et dois-je vous le rappeler, le chef aux manettes cet exercice s’appelle Pat Lawlor… Alors, gage de qualité ou prise de risque quasi nulle ? Chef d’œuvre ou effet d’annonce dont la hype va disparaitre aussi vite qu’un vieux ballon de baudruche percé ?

On va tenter d’y voir un peu plus clair au milieu de tous ces jouets qui ont envahi le sol des chambres d’Andy et de Bonnie avant de se retrouver sur un plateau de flipper. Et si vous nous suivez sur les réseaux et nos différents médias, vous savez que je ne cache pas mon affect pour cette franchise, même si ce quatrième opus est loin d’être mon préféré…

C’est donc bibi qui s’y colle, aujourd’hui je teste le Toy Story 4 de Jersey Jack Pinball !

Mais c’est de l’art ! Gros lard.

Dès le premier contact avec la machine, on prend notre claque habituelle avec JJP. Et bien oui, que l’on aime ou pas les productions de la firme de Jack Garnieri, on ne peut que reconnaitre le talent de ce fabricant pour nous en mettre plein la vue avant même d’avoir allumé la machine. C’est beau… Mais alors vraiment beau.

Si l’artwork de la caisse reprend, sans grande prise de risque, celui de l’affiche du film, le plateau est quant à lui absolument magnifique. Que ce soit dans l’harmonie de l’artwork comme dans la disposition des différents éléments de gameplay.

C’est coloré, ponctué par de nombreux petits clins d’œil à des personnages ou des moments clés du film, les decals d’inserts sont fins et détaillés, le plateau est aussi visuellement chargé que le Luna Park du Cap d’Agde et on retrouve tous les personnages emblématiques de la franchise (et forcément, ceux propres à ce 4ème volet). Que ce soit sur les décors plats mais aussi au travers de petites figurines qui font penser à celles que vous pouvez acheter à Disneyland pour la modique somme d’un demi-rein pendant que votre mouflet négocie votre tranquillité dans le rayon « souvenirs » de chaque attraction.

Mention spéciale pour l’apron qui est doté d’un design unique (à la manière des aprons customs que l’on retrouve sur Internet) sur lequel les instructions cards sont facultatives puisqu’aimantées. Un souci du détail en plus d’être une idée géniale pour tous ceux qui détestent ces sempiternels cartons de règles de jeu qui, il faut bien le dire, sont rarement très jolis.

Il est beau cet apron d’origine non ?

Bref, on est dans le thème : Fête foraine et jouet, c’est on ne peut plus clair.

Mais dès lors que vous allumez la machine, c’est encore une autre dimension qui s’offre à vous puisque le light show vous envoie la deuxième salade de phalanges dans le faciès… Histoire de vous rappeler qu’un flipper est encore plus beau une fois allumé. Pour peu que vous soyez friands des leds RGB, vous allez vous faire cajôler la rétine !

La backglass (ou du moins ce qu’il en reste vu que JJP a décidé d’adopter la même stratégie avec ses écrans que BMW avec ses calandres : toujours plus gros !) reprend là encore le thème principal de l’affiche du film.

Plus gros, toujours plus gros !

Étonnamment, même si l’artwork principal (qui reste tiré de l’affiche du film) est réutilisé sur plusieurs éléments de la caisse (Front, sides, backbox, backglass…), le résultat est tellement chargé que le rendu colle parfaitement avec le thème.

Reste peut-être la couleur de l’armor kit de l’édition Limited qui est discutable. Ce bleu un poil trop profond pour le thème aurait peut-être mérité d’être légèrement plus pastel pour coller avec le fameux bleu ciel de la chambre d’Andy, que l’on retrouve dans la chartre graphique de nombreux produits dérivés Toy Story d’ailleurs.

La version Collector n’a pas ce problème puisque qu’elle se retrouve dotée d’un armor kit rouge profond métallisé moins agressif à l’œil, et je ne parle même pas de son topper qui est de toute beauté ! C’est simple, cette version est encore plus belle et ravira les rares chanceux qui pourront se la procurer.

Bref, encore une fois, JJP nous rappelle que question design de machine, ils restent les maitres en la matière !

Tu n’es qu’un jouet !

Si la réussite visuelle d’une machine est généralement un acquis chez JJP, l’accessibilité du gameplay est, quant à elle, plus discutable et ce, sur plusieurs de leurs modèles. Sauf qu’ici le thème impose un choix en matière de gameplay : difficile de faire un flipper pour hardcore gamer quand on aborde une licence « enfantine » comme Toy Story.

C’est donc un jeu d’équilibriste auquel s’est adonné Pat Lawlor pour concevoir un gameplay relativement simple à appréhender, assez peu punitif tout en conservant une certaine profondeur. Un peu à la manière de nos WPC d’antan. Et le résultat est plutôt convainquant !

Nous retrouvons donc dans cette machine 7 objectifs principaux auxquels viennent s’ajouter des objectifs secondaires. JJP a d’ailleurs eu la bonne idée, dès le lancement de sa machine, de proposer une « rules map » qui détaille chacun des objectifs à la manière d’un arbre de décision et permet d’y voir un peu plus clair dans tout ce fatras lumineux et chatoyant qui s’offre à nous.

Bah quoi ? C’est simple non ?

Pour finir le jeu, et donc atteindre le si convoité wizard mode (« Meet Me At The Carousel »), vous devrez compléter les 7 scènes tirées du film au travers d’un univers de fête foraine qui fait office de lien entre tous :

  • Le voyage en camping car (Road Trip Multiball)
  • Le saut avec panache de Buzz l’éclair (Quick Buzz Multiball)
  • Le sauvetage de Forky, la fourchette dépressive (Rescue Forky)
  • Les différents jeux de carnaval à compléter en dépensant ses tickets (Carnival Multiball)
  • Les spinners de Woody et de sa chère et tendre Bo, la bergère/ninja (Super Spinners)
  • La cascade de Duke Caboom, le « Evel Knievel Canadien » (Duke Caboom Jump)
  • Les loops de Bo, dont le score peut être amélioré avec la roue de la chance (Bo Peep Super Loops)

Ajoutez à ça tout un tas d’objectifs secondaires comme :

  • Le bashing de la poupée Gaby Gaby (la Chucky version enfantine),
  • Le Tiky pinball (sorte de flipper virtuel qui se joue sur la tablette présente sur le plateau),
  • Toutes les cases de la roue de la chance
  • Ou encore le parcours du combattant (Hurry Up !)

Et vous avez devant vous quelques heures de jeu avant d’en être lassé.

Certes, les objectifs sont simples et l’idée est bien évidemment d’apporter du fun, du plaisir de jeu, de la vélocité et de la variété assez rapidement, même si les gros joueurs en feront probablement le tour rapidement.

Mais encore une fois (et c’était bien l’approche vendue par JJP lors de leur teaser de sortie), nous avons affaire ici à un flipper familial. Le genre que l’on partage avec ses enfants ou des joueurs occasionnels sans frustrer personne, et c’est très bien ainsi !

Pour faire une analogie avec les précédentes productions de Pat Lawlor, on est ici dans une philosophie Addam’s Family plutôt que Twilight Zone.

Dans Toy Story, y’a « Toy » non ?

« Y’a rien sur ce plateau ! », « Y’a pas de toys ! », « C’est vide ! » … Il en a pris des postillons dans les yeux ce Toy Story 4 ! A peine annoncé et pas encore essayé, que toute la communauté flipper le conspuait déjà en hurlant à l’absence de toys sur le plateau !

Sauf qu’il faut remettre un peu de contexte. Un Toy, au sens pinballesque du terme, est un élément de gameplay physique, visuellement attrayant et propre à un jeu. A la différence des mécaniques dites « classiques » du flipper que sont les cibles (fixes ou tombantes), les slingshots, les bumpers, les spinners, scoops, rampes et autres kickers. Il n’est pas à confondre avec les éléments de décors, parfois en 3D et qui, aussi jolis soient-ils, n’apportent rien au jeu.

Et même si, au fil du temps, les grands succès du flipper nous ont habitués à des toys volumineux, aux mécaniques originales, parfois inédites, il n’en reste pas moins que certains toys se veulent plus discrets dans leur conception, parfois mêmes cachés et ne se livrant au joueur que lorsqu’il aura trouvé le bon enchainement de billes pour les déclencher.

Et c’est un peu le cas du Toy Story 4 qui est loin, très loin, d’être « vide » si l’on regarde d’un peu plus près.

Déjà, parlons du gadget le plus visible puisque celui-ci ne peut pas vraiment se cacher tant il prend de la place du le plateau : La fameuse tablette.

Si Pat Lawlor nous avait déjà habitué à des afficheurs complémentaires en jeu (Dans Monopoly, Roller Coaster Tycoon ou plus récemment, Dialed In), c’est la première fois que l’on se retrouve avec un écran si imposant. L’avantage d’une telle dimension c’est qu’elle ouvre le champ des possibles quant à ses fonctionnalités en jeu. Enfin, en théorie…


Car en pratique, ce n’est malheureusement pas aussi interactif que pouvait le laisser penser le teaser. Si effectivement, on retrouve quelques animations complémentaires comme des ballons qui éclatent dès qu’on touche les cibles dédiées, la fonctionnalité principale reste le Tiki Pinball (sorte de flipper virtuel qui se joue avec les boutons de caisses). Mais ce dernier manque cruellement de fluidité et il s’avèrera à la longue, plus frustrant qu’autre chose pour finir par se retrouver, malgré lui, relégué au rang des fausses bonnes idées.

Elle sort d’une mine cette Gabby Gabby !

Les autres toys sont moins évidents à déceler du premier coup d’œil puisqu’ils sont camouflés.

Tout d’abord il y a Gabby Gabby, la poupée flippante et grande méchante du quatrième opus qui fera office de « bash toy » à la manière d’un troll dans Medieval Madness. Elle est cachée sous le plateau et ne sortira que lorsque vous aurez effectué le bon enchainement. Il ne vous restera plus qu’à lui envoyer une dose d’acier dans sa frimousse, quitte à lui laisser de vilaines traces sur les joues !

On retrouve également un disque tournant, à la manière d’un Teenage Mutant Ninja Turtle ou d’un Whirlwind qui déviera parfois vos billes de leur trajectoire, pourtant si durement anticipée par vos talents de joueur émérite.

Et pour finir, le saut de Duke Caboom, façon No Good Gofers, propulse votre bille à la manière d’une moto sur une rampe de cascade, pour finir sa course dans l’anneau lumineux logé dans le back panel. Jouissif !

Si ces toys ne sont, pour la plupart, pas novateurs, il fonctionnement plutôt bien et même s’ils sont le plus souvent cachés ou « plats » (c’est le cas du disque tournant) il participent à l’expérience de jeu et rendent le plateau encore un peu plus fourni. Ce serait donc pure mauvaise foi de dire que le Toy Story ne dispose pas de toys sur son plateau.

Ton amiiiii, c’est mooooiiii…

Haaaaaa… Si comme moi vous êtes un nostalgique du premier volet de la saga Toy Story, vous ne pourrez pas rester insensible à la petite musique qui se lance dès que l’on appuie sur le bouton start. Elle reprend la musique culte « You’ve got a friend in me » (Je suis ton ami) et vous replonge dans l’univers de la chambre d’Andy quelques instants avant de laisser place à un univers musical emprûnté à la fête foraine.

Ce dernier est d’ailleurs très réussi et participe grandement à l’ambiance joyeuse et festive de cette machine, ça sent le pop-corn, la barbe à papa et le tir à la carabine !

Les call-out sont, quant à eux, tirés de la version originale de la saga. On en viendrait presque à regretter une adaptation française du flipper tant les doublages sont cultes, mais ne soyons pas plus chauvins que de nature non plus…

Les différentes scènes vidéo tirées du 4ème volet ponctuent à merveille toutes les actions effectuées en jeu et même si l’on a un peu de mal à savoir quel écran regarder entre la tablette et l’écran principal, force est de constater que sur ce dernier, les animations sont franchement léchées même quand elles se veulent minimalistes.

Venez, allons voir ce qu’on vaut sur Internet !

Si d’ordinaire nous sommes les premiers à vouloir exclure du débat l’aspect financier d’une machine pour se concentrer sur les caractéristiques qui lui sont propres, il faut bien avouer que sur ce TS4 c’est quand même un peu dur de ne pas parler pépettes !

Bah oui, ce flipper est beau et bien, certes mais… Ce flipper est cher, très cher. Et ça n’aura échappé à personne, il casse le plafond de verre en proposant sa version Limited (la moins chère donc) à un tarif français de 14 500€…

Mais ne vous y trompez pas, même si cette machine reste relativement chère aux USA, le prix dans nos contrées est fortement impacté par le taux de conversion Dollar/ Euro qui n’est clairement pas en notre faveur (nous sommes en Octobre 2022 au moment où j’écris ces lignes), et ce pour n’importe quel produit importé.

Manque de bol, ça se ressent encore plus sur un flipper vendu 12 000$ ! Et si les JJP ont toujours été en infériorité numérique face au leader du marché Stern, ça risque malheureusement d’accentuer encore un peu le phénomène avec ce Toy Story 4 et son prix qui s’envole vers l’infini et au-delà !

Et c’est bien dommage car une partie de joueurs potentiels se retrouvera privé, de fait, de cette excellente machine, JJP étant une marque assez peu présente en exploitation chez nous (hormis dans quelques bar-arcades ou salles de jeux, à la marge). Il vous reste donc l’option des salons et des différents évènements où vous pourrez potentiellement l’essayer.

Ça m’en bouche un groin…

Pour être sûr de ne pas souffrir de l’effet de hype qui pourrait venir saboter mon jugement de journaliste autoproclamé qui se veut impartial malgré tout, j’ai quand même laissé passer plusieurs semaines le temps de rédiger ce test (Bon, c’est aussi parce que je suis à la bourre sur mes articles…) et vous savez quoi ? Mon avis n’a pas changé…

Ce flipper est un condensé maitrisé et abouti de tout ce que sait faire Pat Lawlor. C’est une machine accessible, belle, fun, rapide et à l’ambiance incroyable qui rend parfaitement hommage à la licence de Disney/Pixar.

Elle est probablement la machine la moins punitive de toute la gamme JJP et ne fait pourtant aucun compromis. On retrouve tout ce qui fait le charme de la marque : Une finition exemplaire, un écran immense et un design incroyable.

C’est une véritable madeleine de Proust de par son thème et son gameplay qui nous rappellerait presque, les plus belles années Bally/Williams.

JJP nous rappelle au travers de cette dernière création qu’ils sont bien installés dans l’écosystème du flipper et qu’ils ne sont pas prêts d’en bouger. Et c’est tant mieux !

Avec Toy Story, Jersey Jack réussit à créer une machine de transition entre les générations de joueurs.
Syl Vain
Syl Vain
Fan de pop culture des années 80/90, collectionneur compulsif et partisan du "c'était mieux avant !"

Derniers Articles

spot_imgspot_img